Deux méthodes de calcul de rendement sur le même appartement

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Deux méthodes de calcul de rendement illustrées par documents financiers sur une table dans un appartement moderne

Mon rendement locatif clignotait sur l’écran de mon MacBook, posé près de la fenêtre, quand j’ai rouvert le fichier Riviera Gestion à 19 h 12. Un an après l’achat de mon appartement à Antibes, j’ai repris chaque ligne avec la taxe foncière, les charges réelles, les loyers encaissés et un mois vide. J’ai été frappée par l’écart entre le chiffre affiché et ce qui restait quand tout passait en net. Je suis rentrée dans ce calcul avec plus de calme que le jour de l’achat, mais j’ai vite perdu mes certitudes.

Comment j’ai procédé pour mesurer le rendement net et brut sur un an

J’ai repris le dossier d’achat, puis mes relevés bancaires de 12 mois, sans en laisser un seul de côté. Chaque fin de mois, j’ai coché les appels de fonds du syndic, l’assurance PNO, l’entretien et la régularisation des charges. J’ai gardé aussi les quittances de loyer, parce que je voulais comparer le loyer réellement encaissé au loyer théorique. Je suis partie du principe qu’un seul mois mal lu suffit à fausser tout le calcul, et j’avais déjà vu ça sur d’autres biens.

J’ai construit un tableau Excel avec quatre blocs très simples, puis j’ai repris chaque cellule à la main. J’y ai séparé le rendement brut sur le prix affiché de 120 000 € et le rendement net sur le prix acte en main. J’y ai aussi sorti les charges non récupérables, la taxe foncière, l’assurance PNO, l’entretien et les appels de fonds. J’ai appris que la base de calcul compte plus que le joli pourcentage du début.

Je voulais vérifier l’écart exact entre les deux méthodes sur le même appartement, sans arrondir le résultat. J’étais sûre de moi au départ, parce que le environ 6 % brut me paraissait solide sur la page de l’annonce. Je voulais voir si le même bien restait lisible une fois la vacance locative, les frais d’entrée et les charges réelles sortis du calcul. Je voulais aussi comprendre si mon impression de bonne affaire tenait encore après un an de gestion.

J’ai gardé les pièces à part, avec les dates de prélèvement et les montants exacts, pour éviter les doubles comptes. J’ai relu chaque ligne quand une facture me paraissait bizarre, puis j’ai corrigé deux fois la même colonne. Pour la partie fiscale personnalisée, je m’arrête là et je laisse un comptable ou un notaire regarder le détail. Cette limite m’a évité de confondre mon calcul locatif avec un conseil sur mesure, et je m’y tiens.

Le jour où j’ai vu que le rendement brut ne racontait pas toute l’histoire

Au départ, je suis partie du prix affiché et d’un loyer de 650 € hors charges, sans rien lisser. Le calcul me donnait environ 6 % de rendement brut, et j’ai compris pourquoi l’annonce me paraissait si propre. J’étais restée bloquée sur ce chiffre pendant plusieurs jours, parce qu’il faisait oublier la taxe foncière et les frais d’entrée. Je le voyais net, presque évident, alors que je n’avais regardé que la vitrine.

Puis la première régularisation de charges est tombée avec la taxe foncière, et j’ai repris mon souffle. J’ai vu la colonne nette perdre 1,5 point d’un coup, sans mouvement spectaculaire mais avec un effet très net. Ce n’est qu’en recevant la régularisation de copro de Riviera Gestion que j’ai vraiment compris que mon rendement brut à environ 6 % était un leurre. J’ai vu le calcul se durcir, et je n’avais plus envie de défendre le premier chiffre.

La vacance locative a ajouté un autre choc, parce que je pensais avoir un roulement plus simple. J’ai eu 31 jours sans loyer, puis une facture de remise en état après le départ du locataire. Le peintre est revenu deux fois, et j’ai attendu quelques jours avant de relouer. À ce stade, mon rendement net est tombé à environ 4 %, et ce passage m’a laissée très prudente.

Je me suis retrouvée à corriger mes propres erreurs, et ça m’a agacée, je l’avoue. J’avais oublié les petites charges non récupérables et je m’étais trompée en prenant le loyer théorique au lieu du loyer encaissé. J’avais aussi calculé trop vite sur le prix affiché, sans inclure les frais annexes. J’ai compris, un peu tard, que mon calcul brut ne couvrait qu’une partie de l’histoire.

Ce que j’ai appris en refaisant les calculs avec les vraies données sur 12 mois

Spécialisée en immobilier, j’ai mis les deux méthodes côte à côte sur le même appartement. Le brut partait du prix affiché de 120 000 € et du loyer annuel théorique de 7 800 €. Le net partait du prix acte en main, avec les frais de notaire et les petits travaux déjà rangés dans le coût d’entrée. Quand j’ai vu les deux colonnes, j’ai compris que le même bien n’avait pas le même visage selon la base choisie.

base de calcul ce que j’ai mis ce que j’ai vu
prix affiché 120 000 € et 650 € de loyer mensuel environ 6 % brut
prix acte en main 127 400 € avec les frais et la remise en état lecture plus basse
charges annuelles taxe foncière, PNO, entretien, régularisation 1,5 point retiré
vacance locative 31 jours sans loyer environ 4 % net

Quand les appels de fonds de copropriété sont arrivés, j’ai moins bien supporté leur ligne que je ne l’avais cru. J’avais été trop confiante avec les charges non récupérables, parce que je les avais rangées dans un coin du tableau. J’ai aussi revu l’assurance PNO et l’entretien courant, et chaque petite ligne a pesé plus que je ne l’acceptais au départ. J’étais restée persuadée qu’elles seraient marginales, puis j’ai vu le total me reprendre plusieurs dixièmes de point.

Le vrai piège, chez moi, a été le turn-over locatif, pas le niveau du loyer. L’appartement paraissait facile à louer, mais le changement de locataire a rallongé la vacance d’un mois entier. J’ai noté aussi que la rotation rapide me demande plus d’attention, surtout quand les visites s’enchaînent sur les mêmes créneaux. Le loyer hors charges est devenu ma vraie base, parce que le loyer charges comprises mélange tout et fausse vite la comparaison.

J’ai fini par réapprendre un point simple, et je l’ai noté en haut du tableau. Le rendement calculé sur le prix affiché et celui calculé sur le coût total d’achat ne racontent pas la même histoire. J’ai aussi replacé la taxe foncière à sa vraie place, parce qu’elle tombe une fois par an, mais elle compte dans le net. J’ai dû réapprendre à ne jamais prendre le loyer charges comprises comme base, sinon le rendement net devient vite un mirage.

Quand j’ai comparé ces colonnes, j’ai vu que l’écart brut net ne venait pas d’un seul poste. J’ai plutôt vu un empilement de petites fuites, la copro, la vacance, la taxe, l’assurance et la remise en état. Cette addition m’a semblé plus honnête que n’importe quel pourcentage isolé. Je me suis rendue compte qu’un rendement lu trop vite me poussait à acheter une histoire, pas un bien.

J’ai aussi fait un dernier détour par le chiffre de départ, pour vérifier si ma tête n’avait pas exagéré la chute. Quand je calcule sur le prix affiché seul, je retrouve le environ 6 % qui m’avait séduite. Quand je passe au coût total, le même appartement perd tout son vernis. Cette bascule m’a servi de garde-fou, parce que je ne regarde plus une annonce comme avant.

Mon bilan factuel après un an de calculs : ce qui marche, ce qui coince, et pour qui

Quand je regarde ce bien avec un œil prudent, je le trouve plus lisible pour quelqu’un qui accepte de travailler sur le prix acte en main. Moi, je préfère ce rythme, parce que je rentre à Antibes avec un tableau plus net et moins de bruit. Je suis devenue plus lente sur les offres, et je le vis bien. Je ne cherche plus à défendre un pourcentage joli dès la première ligne.

Sur ce bien, j’ai vu deux pièges revenir, les charges de copro lourdes et la vacance plus longue que prévu. J’ai aussi vu des calculs mélanger rendement brut, rendement net et rentabilité sur apport dans la même phrase, puis tout brouiller. Pour la fiscalité personnalisée, je m’arrête là et je laisse un comptable ou un notaire regarder le détail. Je garde seulement mon calcul locatif, parce que c’est lui qui me montre si le dossier tient.

J’ai gardé le cash-flow à côté du rendement, parce que les deux ne racontent pas la même chose. J’ai aussi simulé deux autres appartements, avec des loyers différents et des charges plus légères, pour voir si mon environ 4 % tenait face à d’autres biens. Cette double lecture m’évite de me laisser porter par une annonce trop propre. Je suis rentrée dans ces calculs avec plus de confiance dans le tableur que dans la promesse de départ.

Au bout d’un an, mon verdict est simple. Le environ 6 % brut me paraissait joli, mais le environ 4 % net, sur prix acte en main et avec 31 jours de vide, raconte mieux mon appartement d’Antibes. Pour quelqu’un qui accepte un calcul plus sec et moins flatteur, ce bien reste lisible. Quand je rouvre le fichier Riviera Gestion, je vois surtout un dossier correct, et je l’ai refermé avec un chiffre plus solide.

Avatar de Éloïse Matthieu
l’autrice